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Dans le rétro | Dans le rétro |
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Arrêter la lecture : Dans le rétro
En juin dernier je mettais le doigt dans quelque chose de fabuleux, je décidais d’explorer cette voix durant une année. Je participais à de multiples concours de nouvelles dont je trouvais les thèmes sur internet. Plus j’écrivais plus j’avais besoin d’écrire. Un jour, sans que je m’en aperçoive, je ne pensais plus qu’à cela, me relevais même la nuit pour noter cette inspiration si géniale qu’il ne fallait pas prendre le risque de la perdre. A cette époque, dans l’euphorie de la découverte d’une véritable vocation, mes heures de repos étaient si courtes : même allongée, à l’heure ou tout un chacun danse le collé serré avec Morphée depuis longtemps, mon esprit continuait à mouliner. Il ouvrait dans ma tête par exemple l’album de mes années d’études, en piochait une bricole, puis le refermait. Il visitait souvent le tiroir de mes souvenirs d’enfance. Dans ma mémoire, il ouvrait de multiples cases et je l’y encourageais. Quand une clef manquait, qu’un verrou tenait bloqué tel ou tel impression, je forçais les résistances de mon inconscient et provoquais d’une manière ou d’une autre, souvent à force de concentration, d’autohypnose presque à libérer le tout. J’écrivais donc beaucoup. Je me concentrais sur mon ouvrage je m’informais, je me documentais. Je suivais les émissions littéraires. En écoutant parler ce romancier breton, j’avais adopté et faite mienne sa devise : «vivre autant qu’on écrit ».J’étais alors ouverte à toutes sortes d’expériences afin de me donner une certaine profondeur, un bagage personnel intéressant à retranscrire. Et dans l’écriture je trouvais le meilleur moyen d’ouvrir ma soupape de sécurité pour éviter l’explosion ou l’implosion.
Je nourrissais l’espoir fou et secret de pouvoir vivre un jour de mes écrits, j’étais orgueilleuse, je l’avoue, et voulais voir mon ego flatté par la gloire et la reconnaissance. Pourquoi pas moi finalement, avec de l’obstination et beaucoup de travail on arrive à tout me disais-je. Lorsqu’un sujet me donnait du fil à retordre, lorsqu’un genre, celui du polar par exemple avait du mal à naître ou plutôt à se mettre en place, je le travaillais et le retravaillais jusqu’à obtenir un texte clair lequel saurait je pense, éveiller la curiosité du lecteur et lui donnerait envie de lire la suite. Et puis l’adrénaline était là au rendez-vous à chaque étape, au moment de l’élaboration du texte et de sa mise sous enveloppe, mais surtout au moment de l’annonce du nom des gagnants du concours. « Juste histoire de voir » , c’est ainsi que j’avais baptisé l’ensemble de mes écrits, prenait de l’épaisseur de jour en jour. Déjà un an de passé: c’est long et c’est court comme disait la chanson Je vais m’en tenir à ce que j’avais prévu c'est-à-dire que je gare ma voiture un moment sur le bas-côté et je regarde ce que me propose le carrefour. Et me voilà douze mois plus tard à regarder à droite, à gauche devant moi, mais aussi dans le rétroviseur.
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