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Du rose au noir | Du rose au noir |
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- Arrêter la nouvelle :
Du rose au noir Au début, c’est tout rose, c’est normal c’est le début. Parfois c’est même tout rouge, du fait de la passion naissante. Puis la couleur évolue : Le plus souvent, elle s’estompe, se dilue ou s’érode avec le temps. On peux s’accomoder de la grisaille. A force d’habitude on fait avec. D’autres fois, c’est nettement moins drôle. Le rouge reste rouge mais rouge sang ou vire au noir, au noir ténèbres, au noir terrifiant. Et c’est le cas dans l’histoire qui nous importe. Lui, c’est le prince charmant rencontré au détour d’un chemin de vie. Il est beau, grand, semble intelligent. Il l’est sûrement, peut-être même d’une intelligence au dessus de la moyenne. Elle, elle a déjà fait une partie de la route , tout d’abord célibataire durant quelques années, puis mariée quelques autres années . Elle a quarante ans, a vécu un divorce, les hôpitaux, le décès d’un proche. Elle est fragile à cet instant de la rencontre. Elle n’a pas confiance en elle, elle espère en secret. Au début, il la couvre de compliments tous très bien formulés, de compliments et de cadeaux extraordinnaires. Il la flatte, la place sur un pied d’estale. Ils sont heureux durant quelques mois. Et puis un autre visage, d’autres mots, d’autres comportements. Ça commence par des petits riens , une tasse à café mal essuyée, une robe choisie mais de la mauvaise couleur. Et puis de plus en plus souvent des humiliations lesquelles se font en présence d’amis ou de voisins. Peu importe l’instant, peu importe l’endroit, tout devient prétexte à la rabaisser, à la blesser. Parfois des excuses puis celles –ci se font rares jusqu’à disparaitre. Elle devrait mettre le ho-là, s’affirmer ou partir. Mais il est trop tard . Le venin est là, vicieux en elle au plus profond. Il l’a vidée de sa substance, de sa personnalité, de son instinct de survie. Il n’y a personne pour l’aider parce qu’il a fait en sorte de la couper du reste du monde, de la rendre dépendante de lui et de lui seul. Elle finit par se convaincre qu’il dit vrai : « Il a raison, je suis moche, nulle, je ne sais rien faire ». Lui il est toujours beau, intelligent, il brille en société. Tout le monde l’adore. Aujourd’hui , elle craque : elle pleure un peu plus et un peu plus longtemps que d’habitude. Aux travers de ses larmes, elle voit naître, sur les maigres lèvres de son compagnon un sourire, discret tout d’abord puis plus franc, en rictus affiché. «Mais tu souris ? demande t’elle.» Dans un hochement de tête il confirme : « Oui c’est quand tu pleures que moi je vais bien. »
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