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Rien de va plus

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Rien ne va plus


        La maladie a-t-elle un sens ? Me demande un ami. Je ne sais répondre, je ne peux que raconter l’histoire  de Christophe.

       Christophe est  donc malade. Lorsque les premiers symptômes apparaissent, il fait l’autruche. Il se voile la face, se dit que cela va lui passer comme c’est venu. Puis, lorsque les symptômes bénins font place à la souffrance permanente, il admet avoir un gros problème. Mais il a honte, ne veux consulter un médecin, n’accepte aucune aide. Il va y arriver tout seul comme un grand, il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement.

      Après tout, il est chef d’entreprise, habitué au contrôle des choses et des évènements. Mais sa maladie, comme toutes les maladies d’ailleurs, se joue bien du statut social ou intellectuel de ses victimes. Elle s’insinue sournoisement dans la faille, s’installe  et se développe  envahissante jusqu’à l’issue parfois fatale. Christophe   dissimule tant bien que mal son malaise grandissant. Instinctivement  il  apprend à mentir, à tricher. Progressivement, il s’isole  de ceux qui pourraient deviner son secret. Il guette la boite aux lettres pour intercepter les courriers compromettant, se précipite toujours sur le téléphone au cas ou. Et il ressort le soir pour aller chercher sa drogue  en cachette, pour se refaire une santé . Lorsqu’il est dehors, sa drogue à portée de mains il oublie tout le reste, les soucis et la souffrances. L’adrénaline est là de nouveau en lui, de la tête aux pieds, porteuse d’espoir et  peut-être de soulagement.
 

      Sa femme s’inquiète de ses absences répétées, de ses regards fuyants, de ses réponses évasives lorsqu’elle le questionne de plus en plus souvent . Vraiment, elle ne le reconnaît plus. Il a maigri ,son teint est pâle,  ses traits sont tirés en permanence.   Il est très nerveux, irritable  souvent au bord de l’atgressivité.
Ce soir  pour Christophe, c’est la dernière fois que l’adrénaline est là en lui, de la tête aux pieds,  éphémère, porteuse d’espoir mais pas de soulagement.  Une fois de plus, une fois de trop :rien ne va plus,  rouge, perds et manque : Il sait qu’il a perdu la partie, qu’il ne fera jamais sauter la banque. Pourtant il avait une excellente martingale.



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