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| Remerciements | |||||||||
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Parole donnée | Parole donnée |
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Parole donnée -Allez, déshabillez-vous. On le fouillait vigoureusement. On lui baissait le slip. -Penchez-vous en avant. On l’examinait de fond en comble. On lui écartait les fesses à la recherche d’une arme. Ensuite, on le jetait sans ménagement en T-shirt et slip au fond d’une cellule miteuse, le soir de son trente quatrième anniversaire. C’était la nuit du dix-sept au dix-huit janvier mille neuf cent quatre vingt quatorze. Le voilà donc couché sur la pierre glacée roulé dans une couverture. Elle était si rèche la couverture ! Et il se demandait à combien de personnes plus ou moins propres elle avait servi avant lui. L’homme se torturait l’esprit de milles questions. Une en particulier le taraudait : « qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça ? » Il tremblait de froid mais surtout d’effroi. Abattu, terriblement angoissé, il ressassait les évènements de ces dernières heures, de ces derniers mois. Ça ne pouvait être qu’elle ! Une manigance de plus mais de quel ordre cette fois-ci ? De toute façon, depuis le début elle avait tout prévu, tout organisé. Mettre la main sur l’argent, la maison, la voiture, la belle vie. Mais ce serait sans lui. Elle avait tout pensé : se débarrasser de lui à n’importe quel prix. L’appât du gain mène en enfer lorsqu’il devient viscéral. Trois images maintenant placées les unes en dessous des autres, de format égal. C’est-à-dire d’une vingtaine de centimètres de long pour une largeur de dix centimètres environ. La première montrait un bureau, un homme, un juge à n’en pas douter, parlait calmement et fermement. -Je suis obligé de vous mettre en maison d’arrêt. Vous allez donc emmener en préventive. Dans la deuxième image, l’homme incarcéré était assis au bord d’un lit. Sur sa droite, il y avait un vasistas scellé de barreaux. Penché en avant, la tête dans les mains, Il pleurait. La troisième image était la plus angoissante. Dans le parloir d’une prison, deux enfants, deux petites filles sont venues voir leur papa. Mais elles ne peuvent le toucher et il ne peut les serrer contre lui parce qu’une paroi de plastique percée de petits trous les sépare. La douleur est là, violente, sur tous les visages. C’est à ce moment-là que l’homme se réveilla. Il était couvert de sueur. Sa respiration était haletante. Des larmes noyaient ses yeux. Et subitement, coupant ces trois images en diagonale, du bas gauche jusqu’en haut à droite, barrant l’horreur, trois mots s’sétaient inscrits « NE DOUTES PAS ». N’y comprenant rien, croyant halluciner, l’homme ferma les yeux puis les rouvrit. Mais tout était là ! Alors de nouveau il ferma les yeux puis les rouvrit. Mais les lettres se dessinaient aussi clairement qu’avant. Pour une troisième et dernière fois avant que le tout disparaisse, le même manège : Les yeux clos fortement puis les yeux grands ouverts et les lettres sur ce cauchemar qui lui semblait si réel. L’homme s’apercevait de quelque chose maintenant. Lors de ses trois lectures, ce n’était pas sa voix intérieure qui lisait le message mais une voix de synthèse. Cette voix appuyait chaque mot en détachant clairement chaque syllabe. Cela voulait dire : « comprends bien le message, c’est important. Enregistres-le et surtout ne l’oublies jamais... NE DOUTE PAS , NE DOUTES PAS ». L’homme se rendormit aussitôt. Ce fut le lendemain matin, vers onze heures qu’un gendarme vint le chercher. On l’avait laissé dormir tout son saoul. On le prévenait. Il allait être emmené directement au tribunal. Là, un juge déciderait de son sort. Une quarantaine de minutes plus tard : des sous-sols, un ascenseur, une salle d’attente et une chaise. Quelques minutes encore : une porte capitonnée, un bureau, le juge sur la droite, le greffier sur la gauche, une chaise à nouveau. Et des questions en pagaille, des questions à n’en plus finir. -Alors monsieur, vous êtes accusé de . . . L’accusait répondait, expliquait que tout ça n’était que mensonges et calomnies. Il s’appliquait, s’évertuait à prouver son innocence. Mais ce qu’il disait importait peu car Le juge semblait avoir pris sa décision. Il prononçait ces mots : -Je suis désolé. Mais je n’ai pas d’autre choix que de vous placer en préventive. L’homme pliait sous le poids de la nouvelle, s’avachit sur son siège, la tête dans les mains. La vision de la veille lui revint à l’esprit ainsi que les trois mots « NE DOUTES PAS ». Alors il enleva les mains de sont front, redressa la tête et se dit : -Non, il ne faut pas douter. Tu n’as pas le droit de douter. Maintenant que tu as lu et relu, tu sais, tu as confiance. -Monsieur ? Le greffier l’appelait. -Levez-vous et approchez-vous du bureau. Il vous faut signer votre procès verbal. Vous reconnaissez avoir été informé de votre mise en détention préventive. Le tourbillon dans sa tête mais une constante : « NE DOUTES PAS » . Il savait, il savait que même s’il était jeté au fond d’une prison, il en ressortirait aussitôt parce que Dieu lui-même le lui avait promis. Et Dieu ne revenait pas sur sa parole. Le greffier tendait le stylo, et de son doigt désignait l’endroit où il fallait apposer la signature. L’homme fermait les yeux. Il visualisait la première lettre de son nom et prenait une grande respiration comme pour plonger dans des eaux profondes. -Attendez ! L’homme releva la tête ainsi que le stylo et se tourna vers son interlocuteur. -Je viens de parler avec votre avocat. Je vais vous laisser en liberté mais sous contrôle judiciaire. C’est-à-dire que chaque semaine, vous devrez aller à la gendarmerie pour signer un papier qui atteste que vous n’avez pas quitté la ville. -Merci ! Un merci pour le juge ? Un merci pour l’avocat ou le greffier ? Non, un merci pour Dieu lui-même. On lui enleva les menottes et il put sortir libre. Alléluia ! 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